Choisir et sécuriser son bivouac en itinérance
Guide 23
Avant-propos
Ce guide présente les critères de choix et de sécurisation d’un emplacement de bivouac en itinérance. Synthèse généraliste de principes de bon sens et de pratique courante ; la réglementation locale prime toujours sur les principes génériques présentés ici et doit être vérifiée pour chaque itinéraire.
1. Bivouac, camping sauvage : distinctions et réglementation
Le terme « bivouac » désigne généralement une installation légère et temporaire, montée le soir et démontée tôt le matin, tandis que le « camping sauvage » implique une installation plus prolongée. Cette distinction a une importance réglementaire dans de nombreuses régions : le bivouac est souvent toléré dans des zones où le camping prolongé ne l’est pas, en particulier dans les zones protégées, parcs nationaux ou réserves naturelles. Vérifier la réglementation spécifique à chaque zone traversée avant le départ reste indispensable, les règles variant fortement d’une région à l’autre.
2. Critères de choix d’un emplacement
- Surface plane, dégagée de pierres et de racines saillantes, suffisamment grande pour la tente sans avoir à forcer l’installation.
- Légèrement surélevée par rapport aux points bas environnants, pour éviter l’accumulation d’eau en cas de pluie nocturne.
- À distance raisonnable d’un point d’eau (utile pour l’accès, mais pas trop proche pour limiter l’humidité ambiante et respecter les zones sensibles autour des cours d’eau).
- Protégée du vent dominant par un obstacle naturel (relief, végétation), sans être sous des branches mortes ou un arbre visiblement instable.
- Suffisamment tôt dans la journée pour avoir le temps de chercher un autre emplacement si le premier choix s’avère finalement inadapté.
3. Ce qu’il faut éviter absolument
- Les lits de rivière asséchés ou les zones basses proches d’un cours d’eau, exposés à une crue soudaine en cas de pluie en amont, même si le temps semble clair sur place.
- Les zones sous des arbres morts ou des branches visiblement fragilisées (« bois mort en hauteur »), qui peuvent tomber par vent modéré.
- Les crêtes exposées et les sommets dégagés en cas de risque orageux, en raison du risque de foudre.
- Les zones de passage évident de la faune (sentiers d’animaux, points d’eau très fréquentés), pour la tranquillité du bivouac autant que pour limiter les interactions imprévues.
4. Installer le campement dans l’ordre
Installer la tente avant la tombée de la nuit et avant de se consacrer à d’autres tâches (repas, toilette) évite de devoir monter le campement dans l’urgence ou dans l’obscurité, situation qui augmente le risque d’erreurs (mauvaise orientation face au vent, emplacement mal vérifié). Une fois la tente montée, organiser le reste du campement (cuisine à distance raisonnable de la tente, zone de rangement du matériel) dans un ordre réfléchi facilite la vie du soir et le départ du lendemain matin.
5. Discrétion et minimiser l’impact
Un bivouac discret — hors des vues directes des sentiers fréquentés, sans installation visible depuis loin, sans feu dans les zones où il n’est pas autorisé — respecte à la fois la réglementation souvent implicite du bivouac toléré et la tranquillité des autres usagers de la nature. Cette discrétion fait partie intégrante de la tolérance dont bénéficie le bivouac léger dans de nombreuses zones où le camping prolongé est interdit.
6. Sécuriser la nourriture face à la faune
Selon la région et la faune locale (ours dans certaines zones montagneuses, rongeurs plus largement répandus), stocker la nourriture à distance de la tente, dans un contenant hermétique ou suspendu selon les recommandations locales, réduit le risque d’attirer des animaux vers le campement pendant la nuit. Se renseigner sur les pratiques recommandées spécifiquement pour la région traversée reste plus fiable qu’une règle générique unique.
7. Quitter un emplacement sans laisser de trace
- Remporter systématiquement tous les déchets, y compris les déchets organiques qui se décomposent lentement en altitude ou en climat froid.
- Reboucher tout trou creusé (sanitaire ou autre) et remettre si possible l’emplacement dans l’état trouvé à l’arrivée.
- Vérifier qu’aucun objet n’a été oublié au sol, sous la tente ou aux alentours immédiats avant de repartir.
- Éviter de créer des aménagements durables (foyer de pierres, structures) qui modifient l’emplacement pour les usagers suivants.
8. Cas particulier du bivouac en altitude
En altitude, le choix de l’emplacement doit intégrer une exposition au vent souvent plus marquée, des écarts de température plus importants entre le jour et la nuit, et un accès à l’eau parfois plus limité. Un emplacement abrité, même légèrement moins confortable en apparence, prime généralement sur un emplacement plus dégagé mais exposé aux éléments dans ce contexte.
9. Erreurs fréquentes
- Choisir un emplacement en fin de journée sans marge de temps pour en chercher un autre si nécessaire.
- Camper dans un lit de rivière asséché sans considérer le risque de crue soudaine.
- Ignorer la réglementation locale sur le bivouac par méconnaissance plutôt que par choix informé.
- Ne pas sécuriser correctement la nourriture dans une zone à risque de faune.
- Laisser des déchets ou des traces d’aménagement en quittant l’emplacement.
10. Foire aux questions
Le bivouac est-il autorisé partout en dehors des campings ?
Non, la réglementation varie fortement selon les pays, les régions et le statut de protection de la zone traversée (parc national, réserve naturelle, propriété privée). Vérifier les règles spécifiques à chaque itinéraire reste indispensable avant de considérer le bivouac comme systématiquement possible.
Faut-il éviter de camper près d’un point d’eau ?
Une distance raisonnable (de l’ordre de plusieurs dizaines de mètres selon les recommandations locales) est généralement conseillée, à la fois pour limiter l’humidité et le risque de crue, et pour préserver la zone sensible autour des berges et laisser l’accès libre à la faune.
Glossaire
Sans trace (Leave No Trace)
Ensemble de principes visant à minimiser l’impact du passage humain sur les milieux naturels traversés.
Crue soudaine
Montée rapide et parfois imprévisible du niveau d’un cours d’eau, souvent liée à des précipitations en amont, potentiellement dangereuse pour un bivouac installé en lit de rivière.
Conclusion
Choisir et sécuriser un emplacement de bivouac combine des critères pratiques (planéité, protection du vent, accès à l’eau) et des principes de prudence (éviter les lits de rivière, le bois mort, les crêtes exposées) qui, une fois intégrés, deviennent rapidement des réflexes. Le respect de la réglementation locale et des principes de discrétion et de minimisation de l’impact conditionne la tolérance dont bénéficie cette pratique.
Ce document présente une synthèse généraliste de principes de bon sens. La réglementation locale prime toujours et doit être vérifiée pour chaque itinéraire spécifique.
